Vol.29, N°1 (2026) - Article 3
Trypanosomose animale africaine : revue stratégique des limites du contrôle chimique et voies d'une gouvernance One Health intégrée
Cette revue analyse de manière critique les stratégies chimiothérapeutiques et antivectorielles disponibles contre la trypanosomose animale africaine (TAA), les mécanismes et dynamiques de résistance parasitaire et vectorielle, les impacts écotoxicologiques et les déterminants socio-économiques de la persistance de la maladie, en vue de proposer un cadre One Health opérationnel pour un contrôle durable. Une revue narrative structurée de la littérature a été conduite à partir des bases PubMed/MEDLINE, Scopus, Web of Science et Google Scholar. Il en ressort que le contrôle pharmacologique repose essentiellement sur trois molécules développées avant 1980, dont les niveaux de résistance documentés suivent un gradient décroissant du bromure d'homidium vers l'isométamidium chlorure et le diminazène acéturate. Les stratégies antivectorielles ciblées (tiny targets , protocole RAP) atteignent des réductions de populations de glossines supérieures à 80 % dans des contextes favorables, mais demeurent inopérantes dans les zones à transmission mécanique prédominante. Ces stratégies génèrent des impacts écotoxicologiques et des risques de résidus. Sur le plan socio-économique, la TAA affecte la productivité et pénalise particulièrement les petits éleveurs. Un cadre One Health fondé sur quatre piliers mesurables est proposé : surveillance intégrée des résistances, gouvernance intersectorielle, gestion raisonnée des intrants chimiques, et évaluation systématique des impacts environnementaux et sanitaires.