Vol.28, N°5 (2026) - Article 9

Dynamique spatio-temporelle des écosystèmes dans la Forêt classée de Bana, Ouest nigérien

Au Sahel, la dégradation de la végétation résulte généralement des activités anthropiques cumulativement aux impacts du changement climatique. Niger, cette situation met en péril l'utilisation durable et l'équilibre écologique des écosystèmes même dans les aires protégées. Pour l’aménagement dans ces aires protégées, il est essentiel d'acquérir des données sur les formations forestières qu’ils regorgent. L'objectif de cette étude est d'évaluer la dynamique spatio-temporelle des écosystèmes dans la forêt classée de Bana. La méthode utilisée est la numérisation visuelle pour délimiter les unités homogènes. Les images satellitaires Landsat 4 (1992), Landsat 7 (2002 et 2012) et Landsat 9 (2022) ont été exploitées à l’aide des SIG et de la télédétection. Une analyse diachronique des données satellitaires a été réalisée et l’approche de la classification supervisée par les méthodes de maximum de vraisemblance à partir des compositions colorées a été retenue en vue de la discrimination des classes et de la réalisation des cartes d’occupation du sol de la forêt. Six classes d’occupation du sol ont été discriminées. Les précisions globales et les coefficients Kappa obtenus pour les images classifiées respectivement de 97,61% (0,96) ; 94,85% (0,92) ; 95,11% (0,93) et 96,26% (0,95) pour 1992, 2002, 2012 et 2022. Ces résultats montrent que des changements majeurs ont été observés comme la réduction des superficies des savanes arborées, la savanisation de la forêt protégée et la progression des champs et des jachères. La tendance évolutive des formations végétales est essentiellement régressive pour les savanes arborées et arbustives avec une diminution de 423,27 ha à 246,6 ha entre 2002 et 2012, soit un taux de régression de 41,88%. Par contre, elle est progressive pour les mosaïques champs/jachères dont les superficies ont passé de 141,03 ha en 2002 à 293,95 ha en 2012, soit un taux de progression de 108,43% en 10 ans. Les facteurs de cette dégradation sont principalement d’ordre anthropique (surpâturage et agriculture).

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